1. Contexte de la situation des enfants vulnérables à Goma et au Nord-Kivu
La ville de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, est aujourd’hui le théâtre d’une crise humanitaire prolongée qui affecte profondément les enfants. En particulier, les enfants sortis des groupes armés (EAGA), les enfants en situation de rue (EDR) et les enfants non accompagnés (ENA) constituent une catégorie extrêmement vulnérable. Ces jeunes subissent de plein fouet les conséquences du conflit : déscolarisation massive, exposition à la drogue et aux violences, exploitation, ainsi qu’une absence presque totale de perspectives d’avenir. Toute la province du Nord-Kivu compte plus de 10 000 enfants actuellement enrôlés dans des groupes armés (garçons et filles). Seulement, depuis janvier 2024, seuls 21 % de ces enfants ont été récupérés ou désengagés.
Selon plusieurs rapports récents, la province du Nord-Kivu compte encore plus de 10 000 enfants enrôlés dans des groupes armés, dont à peine 21 % ont pu être récupérés ou réinsérés depuis janvier 2024. Le phénomène n’est pas limité aux zones de combats : en juin 2025, des organisations locales rapportaient que dans le territoire de Lubero, environ 584 enfants étaient associés à des groupes armés actifs, tandis que 111 autres enfants formaient déjà leurs propres milices locales. Cela illustre la profondeur du problème et la difficulté de briser le cycle de violence.
La crise sécuritaire a également un impact dramatique sur l’éducation. En mars 2025, l’ONG Save the Children alertait sur le fait que près de 375 000 enfants du Nord-Kivu étaient privés d’école à cause du conflit, et que 17 % des établissements scolaires étaient fermés. À Goma même et dans ses environs immédiats, la prise de contrôle de la ville par le M23 en janvier 2025 a entraîné la fermeture d’environ 1 483 écoles, privant près de 493 000 enfants de leur droit à l’éducation.
Dans les camps de déplacés autour de Goma, tels que Lushagala, Mugunga, Elohim et Lac-vert, la situation n’est guère meilleure. Entre 2023 et 2024, près de 137 300 enfants en âge scolaire y vivaient sans accès à l’éducation, et seuls environ 20 000 d’entre eux (soit à peine 15 %) bénéficiaient d’un suivi éducatif. Cette rupture éducative fragilise davantage ces jeunes, qui se retrouvent exposés à la mendicité, aux trafics et parfois à un nouveau recrutement par des groupes armés.
À cela s’ajoutent les ruptures familiales massives : de nombreux enfants sont devenus orphelins ou sont abandonnés par des parents incapables de subvenir à leurs besoins élémentaires. Beaucoup d’entre eux basculent ainsi dans la rue, où ils sont victimes d’exploitation, de violences sexuelles ou de travail forcé. Dans certaines zones comme Lubero, on observe même que des enfants, livrés à eux-mêmes, s’organisent en bandes armées locales, reproduisant un cycle générationnel de violence.
Ainsi, malgré des efforts de réinsertion menés par l’État congolais, les agences onusiennes et des organisations locales, la réalité reste alarmante : le recrutement forcé, la déscolarisation massive et la désintégration du tissu familial continuent d’alimenter la vulnérabilité des enfants au Nord-Kivu, et en particulier à Goma et dans les territoires voisins de Rutshuru, Masisi et Nyiragongo.
2. Objectif général
Favoriser l’insertion sociale et économique des jeunes vulnérables (EAGA, EDR, ENA) par l’acquisition de compétences techniques et professionnelles.



